Quelles sont les règles de l'affichage électoral en France ? La réponse tient en une phrase : on ne colle que sur les emplacements spéciaux réservés par la commune, où chaque candidat, binôme ou liste dispose d'une surface égale (article L51 du Code électoral). Partout ailleurs, et pendant les six mois précédant le premier jour du mois du scrutin, tout affichage relatif à l'élection est interdit. L'affiche ne doit pas dépasser 594 x 841 mm et ne peut ni reprendre l'emblème national ni juxtaposer le bleu, le blanc et le rouge (article R27). En cas de manquement : 9 000 € d'amende (article L90) et retrait d'office des affiches par le maire ou le préfet. Pour la présidentielle du 18 avril 2027, la période de restriction s'ouvre le 1er octobre 2026. Voici le cadre complet, panneau par panneau.
ℹ️ Ce guide s'appuie sur les textes en vigueur à la date de publication (Code électoral, articles L51, L90, R27, R28 et R28-1 ; loi du 29 juillet 1881). Il ne se substitue pas à un conseil juridique adapté à votre situation, ni aux instructions de la préfecture et de la commission de propagande de votre circonscription, qui fixent les modalités pratiques du scrutin concerné.
Où a-t-on le droit de coller ? La règle des emplacements réservés
Tout part de l'article L51 du Code électoral. Pendant la période électorale, chaque commune réserve des emplacements spéciaux destinés à l'apposition des affiches électorales. Dans chacun de ces emplacements, une surface égale est attribuée à chaque candidat, à chaque binôme ou à chaque liste. C'est le principe d'égalité qui structure tout le dispositif : le panneau n'est pas un espace publicitaire que l'on achète, c'est une part identique distribuée à tous.
De ce principe découle la règle d'interdiction. Tout affichage relatif à l'élection est interdit :
- en dehors de ces emplacements réservés,
- sur l'emplacement attribué à un autre candidat, même si celui-ci le laisse vide,
- en dehors des panneaux d'affichage d'expression libre, lorsque la commune en a installé.
Autrement dit, la liste des supports autorisés est fermée. Les murs d'immeubles, les palissades de chantier, les poteaux, les coffrets électriques, les abribus, le mobilier urbain, les ronds-points et les vitrines n'en font pas partie. Une affiche de campagne apposée là bascule dans l'affichage sauvage, avec son propre régime de sanctions au titre du Code de l'environnement, que nous détaillons dans notre guide affichage sauvage : légal ou interdit ?.
Le texte prévoit aussi le remède : en cas d'affichage apposé en dehors des emplacements, le maire ou, à défaut, le préfet peut, après mise en demeure du ou des candidats concernés, faire procéder à la dépose des affiches. L'article R28-1 précise la mécanique : le maire retire d'office après mise en demeure adressée au candidat ; le préfet prend le relais si la mise en demeure adressée au maire reste sans résultat au-delà de 48 heures.

Combien de panneaux par commune, et qui obtient quelle place ?
Le nombre d'emplacements n'est pas laissé à l'appréciation de la mairie. L'article R28 fixe un maximum, en dehors des panneaux établis à côté des bureaux de vote.
| Taille de la commune | Nombre maximum d'emplacements réservés |
|---|---|
| 500 électeurs et moins | 5 |
| Plus de 500 électeurs | 10 |
| Plus de 5 000 électeurs | 10, plus 1 par 3 000 électeurs ou fraction supérieure à 2 000 |
L'attribution, elle, ne se négocie pas non plus. Pour les élections où la candidature est subordonnée au dépôt obligatoire d'une déclaration, les emplacements sont attribués par tirage au sort par l'autorité qui reçoit les candidatures, et le même ordre est conservé au second tour. Une exception : les élections municipales dans les communes de moins de 1 000 habitants.
Deux conséquences opérationnelles à retenir pour une équipe de campagne. D'abord, le nombre de panneaux est connu à l'avance : c'est lui qui détermine le volume d'affiches à imprimer, et non l'inverse. Ensuite, un point que beaucoup d'équipes découvrent trop tard : un candidat qui laisse sans emploi l'emplacement qu'il a demandé doit rembourser à la commune les frais d'établissement, sauf cas de force majeure reconnu par le tribunal. Un panneau vide n'est pas neutre, il coûte de l'argent et il envoie un signal d'amateurisme aux électeurs qui passent devant chaque jour.
À partir de quand ? Le calendrier des six mois
C'est la question la plus mal comprise du sujet. La restriction de l'article L51 s'applique pendant les six mois précédant le premier jour du mois de l'élection, et jusqu'à la date du tour de scrutin où l'élection est acquise.
Le calcul se fait donc à partir du premier jour du mois du scrutin, pas à partir de la date du scrutin. Appliqué à l'échéance nationale à venir :
| Échéance | Date du scrutin | Mois de référence | Début de la période de restriction |
|---|---|---|---|
| Présidentielle 2027, 1er tour | 18 avril 2027 | avril 2027 | 1er octobre 2026 |
| Présidentielle 2027, 2nd tour | 2 mai 2027 | (élection acquise au 2nd tour) | jusqu'à la date du tour décisif |
Les dates de la présidentielle 2027 ont été arrêtées en conseil des ministres le 1er juillet 2026 : dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour et dimanche 2 mai 2027 pour le second, avec un vote la veille, samedi, en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et en Polynésie française, en raison du décalage horaire.
Retenez la date du 1er octobre 2026. C'est à partir de ce jour que toute affiche relative à l'élection présidentielle apposée ailleurs que sur un emplacement réservé ou un panneau d'expression libre devient irrégulière. Une campagne d'affichage de notoriété lancée en septembre et laissée en place en octobre n'est pas protégée par sa date de pose : ce qui compte, c'est l'affiche qui reste visible.
À quoi doit ressembler l'affiche : format, couleurs, papier
L'article R27 encadre l'objet lui-même, et il est plus contraignant qu'on ne le croit.
| Règle | Ce que dit le texte | L'erreur classique |
|---|---|---|
| Dimensions | Largeur maximale 594 mm, hauteur maximale 841 mm (format A1) | Commander un format supérieur, puis devoir réimprimer tout le tirage |
| Emblème national | Utilisation interdite sur les affiches et circulaires à but électoral | Reprendre une Marianne ou un drapeau dans le bandeau |
| Trois couleurs | Juxtaposition du bleu, du blanc et du rouge interdite, sauf reproduction de l'emblème d'un parti ou groupement politique | Un bandeau tricolore décoratif en haut de l'affiche |
| Papier blanc | Réservé aux affiches des actes de l'autorité publique (loi du 29 juillet 1881, article 15) ; une affiche privée sur fond blanc n'est admise que si elle porte des caractères ou illustrations de couleur la rendant impossible à confondre avec une affiche administrative | Une affiche sobre, fond blanc et texte noir, qui ressemble à un arrêté municipal |
La logique de ces trois règles est la même : empêcher toute confusion entre un document de campagne et une communication officielle de l'État. Un électeur ne doit jamais pouvoir croire qu'une affiche de candidat émane de la préfecture ou de la mairie.
Côté imprimés distribués en parallèle des affiches, tracts et professions de foi obéissent à leurs propres obligations, dont la mention de l'imprimeur et la signalétique de tri des papiers. Nous les avons détaillées dans notre article sur le logo Triman et l'info-tri sur les imprimés, et le cadre général de la distribution en campagne est traité dans notre guide sur la distribution de tracts pour les élections.
Les sanctions : ce que risque concrètement un candidat
L'article L90 du Code électoral est le pivot répressif du dispositif. Il fixe l'amende à 9 000 €.
| Ce qui est sanctionné | Base légale | Sanction |
|---|---|---|
| Utiliser son panneau dans un but autre que la présentation et la défense de sa candidature et de son programme, ses remerciements ou son désistement | Article L90 | 9 000 € d'amende |
| Céder son emplacement d'affichage à un tiers | Article L90 | 9 000 € d'amende |
| Méconnaître l'interdiction d'affichage hors des emplacements réservés | Articles L51 et L90 | 9 000 € d'amende |
| Maintenir une affiche irrégulière | Article R28-1 | Retrait d'office par le maire après mise en demeure du candidat, puis par le préfet si la mise en demeure adressée au maire reste sans résultat au-delà de 48 heures |
| Affichage débordant sur murs, mobilier urbain, palissades | Code de l'environnement, article L581-34 | Jusqu'à 7 500 € par affiche, astreinte et enlèvement aux frais du responsable |
Trois précisions qui changent la façon d'aborder le risque. D'abord, les régimes se cumulent : une affiche collée sur une palissade pendant une campagne relève à la fois du Code électoral et du Code de l'environnement. Ensuite, la sanction du Code de l'environnement se compte par affiche, ce qui transforme une opération de collage massif en addition à quatre ou cinq chiffres. Enfin, au-delà du pénal, il y a le compte de campagne : des dépenses d'affichage irrégulier peuvent être contestées, et c'est parfois la crédibilité du candidat, voire la régularité de son compte, qui se joue là.

Colleurs, prestataires et preuve de pose
Reste la question qui décide de la réussite d'un plan d'affichage : qui colle, et comment savoir que c'est fait ?
Une équipe peut s'appuyer sur des militants bénévoles, sur des colleurs rémunérés ou sur un prestataire professionnel. Dans les deux derniers cas, la dépense doit être déclarée au compte de campagne, facture à l'appui, et elle entre dans le calcul du plafond applicable au scrutin. Passer par un prestataire ne dispense de rien, au contraire : c'est le candidat, en tant que bénéficiaire de l'affichage, qui reste en première ligne devant l'administration comme devant les électeurs.
D'où l'enjeu, très concret, de la preuve de pose. Sur une circonscription, une équipe doit couvrir plusieurs dizaines d'emplacements, souvent le même week-end, parfois en concurrence directe avec d'autres colleurs. Sans traçabilité, personne ne peut répondre à la seule question qui compte le lundi matin : les panneaux sont-ils tous couverts, et lesquels ont été recollés par un concurrent ? La réponse tient en trois éléments à exiger de tout prestataire : une photo horodatée par panneau, une position GPS associée, et une carte de couverture consultable, panneau par panneau. C'est exactement la logique que nous appliquons aux dispositifs terrain et que nous détaillons dans notre article sur la preuve de distribution.
Sur le budget, prudence avec les grilles toutes faites que l'on trouve en ligne : le coût d'un plan de collage dépend du nombre de panneaux, de leur dispersion géographique, du nombre de passages de recollage et des délais. Les écarts de marché sont larges, et chaque campagne se chiffre sur devis.
L'essentiel à retenir
- Emplacements réservés uniquement : la commune réserve des emplacements spéciaux, avec une surface égale par candidat ou liste (article L51). Tout le reste est interdit, y compris l'emplacement d'un autre candidat.
- Six mois avant le premier jour du mois du scrutin : pour la présidentielle du 18 avril 2027, la période s'ouvre le 1er octobre 2026.
- Nombre de panneaux encadré (article R28) : 5 dans les communes de 500 électeurs et moins, 10 au-delà, plus 1 par 3 000 électeurs dans les communes de plus de 5 000 électeurs. Attribution par tirage au sort.
- Format et couleurs (article R27) : maximum 594 x 841 mm, ni emblème national, ni juxtaposition bleu blanc rouge, et vigilance sur le papier blanc (loi de 1881).
- Sanctions : 9 000 € d'amende (article L90), retrait d'office des affiches, cumul possible avec le Code de l'environnement et contestation des dépenses au compte de campagne.
- Un emplacement demandé puis laissé vide se paie : remboursement des frais d'établissement à la commune.
- Exigez la preuve de pose : photo horodatée, GPS et carte de couverture panneau par panneau.
💡 Vous préparez un plan d'affichage ou un dispositif terrain pour une campagne ? Nous organisons des opérations 100 % conformes, avec une preuve de passage géolocalisée et horodatée sur chaque point. Demander un devis, ou échanger avec un expert Strevoo pour cadrer votre plan.
Pour aller plus loin
- Affichage sauvage : légal ou interdit en France ? Sanctions et alternatives
- Distribution de tracts pour les élections : ce que dit la loi
- Preuve de distribution : comment vérifier que le terrain a vraiment été couvert
- Réglementation de la distribution de flyers en France : le guide complet
Sources et repères
- Emplacements réservés et interdiction d'affichage : article L51 du Code électoral, sur Légifrance.
- Sanctions pénales de l'affichage électoral : article L90 du Code électoral, sur Légifrance.
- Format et couleurs des affiches : article R27 du Code électoral, et article 15 de la loi du 29 juillet 1881 pour la règle du papier blanc.
- Nombre et attribution des emplacements : article R28 du Code électoral, sur Légifrance.
- Dates de la présidentielle 2027 : fixées en conseil des ministres le 1er juillet 2026, premier tour le 18 avril et second tour le 2 mai 2027.
Article publié le 27 juillet 2026. Les modalités pratiques (nombre exact de panneaux, dates de mise à disposition, ordre d'attribution) sont arrêtées scrutin par scrutin par la préfecture et la commune : vérifiez systématiquement les instructions locales avant d'imprimer et de coller.